Praticiens Chercheurs

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Motivations du médecin investigateur | Motivations du patient

Motivations du médecin investigateur

Motivation d'ordre altruiste

Le médecin généraliste investigateur doit être reconnu pour ses qualités scientifiques, sa rigueur méthodologique au même titre que le médecin hospitalier.

Il établit avec son patient une nouvelle relation qui n'est plus celle de médecin - malade, mais celle de " médecin - expérimentateur ". Certains médecins refusent de participer à des protocoles. Ils ont en fait peur d'assurer vis à vis de leurs patients l'image parfois inquiétante de médecin - expérimentateur en se réfugiant derrière des prétextes d'ordre juridique, éthique, mais surtout de manque de temps.

Formation médicale continue

A l'heure de la formation continue obligatoire pour tous les médecins et de l'attribution de points en fonction du type de formation, il est admis que la participation d'un médecin à un protocole lui rapportera des points.

Rupture de l'isolement du médecin

La médecine générale est une pratique individuelle, y compris même au sein d'un cabinet de groupe. La participation à un essai clinique permet de rompre cet isolement à la fois géographique et d'exercice du médecin. Celui-ci s'intégrera en effet dans un groupe de médecins investigateurs au sein duquel il pourra avoir des échanges avec ses confrères mais aussi avec le commanditaire et les assistants de recherche clinique.

Participation à une publication

Le fait de participer à un essai thérapeutique est actuellement une des principales occasions pour un médecin généraliste pour voir son nom figurer dans une publication. La volonté de réseau Praticiens Chercheurs est aussi d'élaborer des protocoles de recherche, de les réaliser, puis de les publier. La participation à un essai clinique peut être l'occasion de proposer une étude ancillaire, ou de nous aider au financement d'un projet dont nous sommes le promoteur.

Besoin de variété - Besoin de se libérer du sentiment de dépendance envers les organismes payeurs

Les médecins généralistes se plaignent souvent de la répétitivité et parfois de la monotonie de leur exercice. Les rapports avec les caisses d'assurance maladie sont souvent pesants et mal ressentis par les médecins. Le fait de participer à la recherche y compris les essais thérapeutiques, leur permet de rompre la monotonie de leur profession, et de se sentir libérés du contrôle permanent exercé par les organismes payeurs. Cet argument peut d'ailleurs être utilisé pour inciter leurs patients à participer à une étude.

Qualité de contact entre les commanditaires et l'investigateur

La qualité du contact entre les commanditaires et l'investigateur est souvent très appréciée des médecins investigateurs. Elle est très éloignée de la fausse image que nous renvoie le marketing pharmaceutique à savoir la prescription potentielle que représente le médecin généraliste.

Honoraires

Les honoraires ne doivent être que le juste reflet du temps que le médecin investigateur consacre à un essai thérapeutique.

Celui-ci comprend non seulement le temps accordé aux consultations, nécessairement plus important que lors de l'activité journalière, mais aussi celui consacré aux réunions de formations nécessitées par le protocole, celui passé avec les assistants de recherche clinique et éventuellement les audits.

Les honoraires ne sont pas la motivation principale des médecins du réseau Praticiens Chercheurs. Ceux-ci participent en effet également à des protocoles de recherche cognitive ou à des enquêtes qui ne sont pas rémunérés. Par contre, les honoraires accordés au médecin pour sa participation à un essai, compensent le travail bénévole que nous lui demandons parfois de réaliser.

Motivations du patient

Les médias sont souvent assez maladroites pour traduire l'intérêt que peut avoir un patient à participer à un protocole. Loin de la notion de " patients - cobaye " souvent évoquée à tort par certains malades, le fait de participer à un essai thérapeutique comporte le plus souvent de nombreux bénéfices pour lui.
En effet, la méthodologie des essais thérapeutiques est telle que nous pouvons estimer que le risque n'est pas plus important, voire moins important qu'en pratique courante.
Quel médecin peut, en effet, garantir l'innocuité totale des médicaments qu'il prescrit lors de son exercice habituel?

Meilleur suivi

Le patient, qui participe à un essai thérapeutique en médecine de ville, bénéficie d'un autre suivi par rapport à un autre patient traité par un médicament commercialisé :

Bilan plus approfondi

A l'heure des économies de la santé, un grand nombre de patients est satisfait de bénéficier d'un bilan plus approfondi que ne l'exige habituellement un traitement pour une pathologie similaire.

Même si ce bilan ne supporte aucun comparatif en terme de rentabilité avec ce que nous pratiquons lors d'une activité habituelle, nul ne pourra contredire que ce type de bilan permet parfois de dépister des pathologies qui auraient pu dans d'autres cas passer inaperçues encore pendant plusieurs années.

Gratuité des soins

Même si le code de déontologie nous oblige à pratiquer des soins, même aux plus démunis, on ne peut pas nier que la santé a un prix et qu'actuellement l'accès aux soins n'est pas équitable pour la majorité.

Le fait de participer à un protocole thérapeutique permet de négliger cet aspect financier et d'offrir à une population donnée le même accès aux mêmes investigations et aux mêmes soins avec une totale gratuité de ces soins, sans implication de la sécurité sociale.

Altruisme

Les patients qui participent à un essai thérapeutique peuvent également être motivés par un autre facteur de nature altruiste qui est celui de participer à " l'avancée de la science ", au progrès.
Un autre argument est également rapporté, celui de " faire plaisir " à son médecin traitant, en acceptant de participer à ce protocole.

Prise en charge innovante

Les patients qui participent à un essai clinique peuvent dans certains cas avoir accès à des traitements innovants, entrainant un bénéfice thérapeutique immédiat, parfois prolongé jusqu'à commercialisation du produit.

Intérêt financier

Si l'intérêt financier est très clairement prioritaire chez les patients participant à une étude de phase I, ça n'est pas le cas pour les protocoles de phase II, III et IV.
En effet, les protocoles des phase II, III et IV sont rarement indemnisés, toutefois, il est proposé parfois une indemnité au patient lorsque les contraintes exigées par le protocole sont disproportionnées par rapport au bénéfice escompté de sa participation à l'essai.
Les contraintes sont essentiellement liées à une perte de temps, mais parfois aussi à la répétition de certains gestes agressifs comme des prises de sang répétées, une endoscopie digestive, etc...