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> Introduction
A Nancy, les origines de l'Assistance Publique remontent
aux temps les plus reculés de l'histoire de la ville. Les premières maisons
hospitalières étaient des sortes d'hôtels, qui accueillaient les mendiants de
passage et les voyageurs. Dès 1158, Nancy possédait un hôtel-Dieu qui recevait
les pauvres et les malades : l'Hôpital Notre Dame, situé au nord de la ville
et qui était dirigé par les sœurs grises de Sainte Elisabeth. A la fin du XIVème
siècle, cet établissement fut transféré au sud, faubourg Saint Nicolas (emplacement
de l'actuelle rue des Dominicains). Détruit par un incendie en 1596, il fut
définitivement fermé en 1599. De nombreuses institutions charitables furent
fondées à Nancy au cours des siècles passés, puis disparurent. C'est dans cette
longue tradition que s'inscrit l'histoire des établissements du CHU de Nancy.
Bien qu'il ne subsiste plus de bâtiments antérieurs au XVIIème siècle, l'origine
de l'hôpital actuel le plus ancien remonte au XIVème siècle.
1. L'Hôpital Saint Julien
En 1336 s'ouvrit l'Hospice Saint Julien fondé par un acte du 2 février 1335,
par un simple prêtre, l'abbé Warnier ou Vernier. La vaste propriété qu'il transforma
en hospice se trouvait dans la Grande rue (en vieille ville). A la fin du XVIème
siècle, cet établissement qui recevait malades et infirmes, tant de Nancy que
de l'extérieur, tombait en ruines. Il fut fermé et ses pensionnaires furent
transférés provisoirement au village de Saint-Dizier en attendant sa reconstruction.
Le nouvel Hospice Saint Julien fut édifié entre 1587 et 1589, sur l'emplacement
de l'actuelle poste centrale, derrière l'Hôtel de Ville. Il reçut ses premiers
pensionnaire le 5 janvier 1590. Il accueillait les malades, les infirmes et
les enfants nécessiteux. Les nouveaux-nés étaient placés en nourrice. A partir
de 1702, il reçut aussi les malades mentaux. Mais par la suite, il fut réservé
aux vieillards indigents. Ses ressources consistaient en avantages accordés
par les Ducs de Lorraine (rentes en argent, blé, sel, produits des aumônes,
des amendes, etc ...) et en dons charitables. Le service y fut assuré par les
Sœurs de Saint-Charles à partir de 1702. Son administration fut soustraite à
la ville en 1635 pour être confiée par le Duc Charles IV à trois directeurs
nommés par lui : le système subsista jusqu'à la révolution de 1789, époque où
il prit le nom d'Hospice de la Bienfaisance, qu'il conserva jusqu'en 1820.
A partir de 1809, il n'abritait plus que des vieillards et des infirmes. Les
importantes donations Collinet de la Salle (1863) et Roger-de-Videlange (1866)
permirent l'ouverture de 59 lits nouveaux. Il dut également accueillir les vieillards
du dépôt de mendicité suite à une convention passée avec la ville de Nancy (1873).
A la fin du XIXème siècle, son encombrement et la vétusté de ses bâtiments conduisirent
à envisager sa reconstruction. Un troisième établissement portant le nom d'Hospice
Saint Julien ouvrit ses portes le 1er octobre 1900 (actuel Hôpital Saint Julien).
Jusqu'aux années 1950, la vocation de l'Hospice Saint Julien se limita à l'accueil
des vieillards, tant indigents que pensionnaires. Toutefois, déjà avant la seconde
guerre mondiale, on y avait créé des infirmeries dans le cadre desquelles fonctionnait
une clinique médicale propédeutique. De même y avait été instituée une consultation
des malades, des vieillards et de neurologie.
Après 1945, en raison du déclin de son activité d'hébergement,
l'Hospice Saint Julien vit peu à peu ses locaux affectés à des activités médicales.
Dès 1948 on y organisait une consultation de Rhumatologie, ultérieurement complétée
par un service d'hospitalisation. Dans les années 1950, pour dégager les services
de l'Hôpital Central, des annexes médicales et chirurgicales y étaient installées.
Enfin, l'Hospice Saint Julien accueillait en 1964 un service de Neurologie, puis
en 1967, un service de Neurochirurgie. Depuis le transfert à l'Hôpital de Brabois
des services de Médecine C et D et de Rhumatologie en 1973-1974, l'Hospice Saint
Julien devenu Hôpital Saint Julien, a surtout eu une vocation neurologique.
Mais en janvier/février 1999, les services de Neurologie, Neurochirurgie et Neuroradiologie
ont intégré le nouveau bâtiment construit à l'Hôpital Central. Ne reste plus à
l'Hôpital Saint Julien qu'une unité de Long Séjour de 95 lits. On y trouve également
les Services Techniques des Hôpitaux Urbains.
2. L'Hôpital Central
Après l'Hospice Saint Julien, l'établissement hospitalier le plus ancien de Nancy
était l'Hôpital Saint Charles, ancêtre de l'actuel Hôpital Central et qui fut
démoli à la fin du XIXème siècle.
L'Hôpital Saint-Charles
Le Duc Charles IV de Lorraine fonda par lettres patentes du 9 octobre 1626, une
maison de charité placée sous la protection de son Saint patron St-Charles Borromée.
Installée sur l'emplacement d'une ancienne batterie de chaudrons, elle était destinée
à recueillir cent enfants pauvres en vue de leur donner une éducation chrétienne
et de leur apprendre un métier. Parallèlement, le Duc créa une infirmerie pour
secourir et soulager les pauvres de la ville, aux frais de l'aumône publique et
l'annexa à la maison Saint Charles. Cette infirmerie, devenue rapidement trop
petite, est à l'origine de ce qui devait devenir l'Hôpital Saint Charles. En 1631,
une ordonnance de Charles IV réunit sous une même direction l'Hospice Saint Julien
et la maison Saint Charles. Sur ces entrefaites, la guerre éclata entre la France
et le duché de Lorraine. En septembre 1633, les Français entraient à Nancy. Ruinée
par ces événements, la maison Saint Charles devait toutefois renaître de ses cendres
grâce à un riche bienfaiteur : Emmanuel CHAUVENEL. Son fils, Joseph Chauvenel,
mort en 1651, victime de la peste, lui avait demandé de faire bénéficier de sa
fortune, les malades déshérités. C'est pourquoi, par acte du 8 juin 1652, Emmanuel
Chauvenel fondait une maison de charité placée sous la protection de la Sainte-Famille
et située rue Saint Jacques (actuelle rue Saint-Thiébaut) où seraient logées :
"cinq filles déjà sur âge ou femmes veuves vertueuses" chargées de visiter les
malades qui ne pouvaient être reçus à l'Hospice Saint Julien. Cette maison de
charité était située à côté de la maison Saint Charles, sur laquelle Emmanuel
Chauvenel avait des droits. Après un long procès, ce dernier se vit reconnaître
ses droits de propriété sur la maison Saint Charles qu'il céda aussitôt aux Soeurs
de la Charité (futures Soeurs de la Sainte-Famille). Par un nouvel acte daté du
29 novembre 1662, Emmanuel Chauvenel fonda de façon définitive la maison de charité
dont il avait déjà posé les premières assises dix ans auparavant. Par lettres
patentes, le 6 mai 1663, le Duc Charles IV approuva et autorisa cette fondation
et reconnut la Communauté des soeurs de la Sainte-Famille, dont le nombre maximum
fut fixé à douze. Celles-ci reçurent l'approbation épiscopale le 21 mai 1663.
Les soeurs de la Sainte-Famille en dépit de cette reconnaissance, eurent de grandes
difficultés à s'établir définitivement dans la maison Saint Charles, revendiquée
par les héritiers d'Emmanuel Chauvenel. Ce ne fut qu'en 1674, que la question
fut réglée à leur avantage. En 1679, l'évêque de Toul les autorisa à s'organiser
en congrégation et à donner leurs soins aux pauvres malades hospitalisés dans
la maison Saint Charles qui se transforma en hôpital et se développa sous leur
impulsion : de nouvelles salles y furent aménagées.
En 1709, le Duc Léopold ordonna la réunion de l'Hôpital Saint-Roch à la maison
Saint Charles, qui prit le nom d'Hôpital Saint Charles. Les ressources de cet
établissement consistaient en revenus tirés des dons des bienfaiteurs, et en droits
attribués par les Ducs de Lorraine. Le Duc Léopold avait ordonné que dans tout
testament, un legs soit fait aux hôpitaux. A ces revenus s'ajoutèrent ceux de
l'ancien Hôpital Saint-Roch. La réunion des deux patrimoines au profit de l'Hôpital
Saint Charles créa une situation délicate quant à l'administration financière
de la maison. Un arrêt du 26 août 1721 du Conseil d'Etat attribua la gestion administrative
des biens de l'établissement aux religieuses, sous contrôle d'un procureur syndic.
Suite à cet arrêt, l'Hôpital Saint Charles était sécularisé : tous les revenus,
tant des Soeurs que de l'établissement, étaient confondus et placés sous le contrôle
des directeurs. Le nombre de malades s'accrut et il fallut agrandir l'établissement
à plusieurs reprises (en 1716 - 1748 - 1776). En 1790, on comptait 111 lits de
malades et 60 religieuses non compris les novices. L'annexion de la Lorraine par
la France en 1766 ne modifia pas le fonctionnement de l'établissement, en revanche
la Révolution allait le perturber. Débaptisé, il prit tout d'abord le nom d'"Hôpital
Lepeltier" du nom qu'avait reçu la rue des Moulins (rue St Jean) puis celui d'"Hôpital
de la Commune", qu'il conserva jusqu'en 1820. Les Soeurs connurent des conditions
de faveur jusqu'au décret du 10 août 1792 qui ordonnait la dissolution de toutes
les congrégations religieuses et la spoliation de leurs biens. Elles durent revêtir
l'habit laïc mais continuèrent à assurer leur service. En 1793 plusieurs d'entre
elles furent arrêtées et les autres durent se disperser. Elle furent remplacées
par du personnel laïc. Mais dès le 21 décembre 1796, elles revinrent à l'hôpital
toujours en costume laïc et sous leur nom patronymique. Elles ne furent autorisées
à reprendre l'habit religieux que le 22 juillet 1804. Le Directoire réforma l'administration
des établissements hospitaliers en les regroupant et en confiant leur administration
à des Commissions Administratives. L'hôpital Saint Charles et l'Hospice Saint
Julien continuèrent à être gérés par la même autorité. Avec les guerres de la
République et de l'Empire, la plupart des ressources furent absorbées dans les
soins nécessités par les malades militaires aux dépens des malades civils.
Le décret du 13 février 1808 confirma l'existence légale de la Congrégation des
soeurs de Saint Charles et lui accorda un droit d'habitation à perpétuité à l'Hôpital
Saint Charles pour sa maison-mère et son noviciat, à titre de reconnaissance des
ses droits, résultant d'une communauté d'intérêt de plus d'un siècle. En 1820,
l'hôpital reprit son nom de Saint Charles. Dans les années 1824-1825, de nouvelles
salles y furent construites. En 1831, le matériel de literie fut renouvelé. En
1842, une nouvelle infirmerie fut créée. En 1843, trente deux lits furent affectés
aux cliniques des maladies internes du fait de la transformation de l'Ecole préparatoire
de médecine en Ecole secondaire. Les premiers symptômes d'encombrement se manifestèrent
surtout après la création de vingt lits dus à la fondation Collinet de la Salle
et de huit lits dus à la fondation Roger-de Videlange. Une Commission spéciale
fut désignée pour étudier le problème. Son rapporteur le vice-président Leclerc,
se prononça pour la reconstruction de l'établissement au faubourg Saint-Pierre
(1867). La guerre de 1870 ajourna ce projet. Le transfert de la Faculté de Médecine
de Strasbourg à Nancy en octobre 1872, consécutif à la défaite et à la perte de
l'Alsace-Lorraine fit encore davantage ressortir les insuffisances de l'Hôpital
Saint Charles. Une solution provisoire fut trouvée avec l'aménagement du dépôt
de mendicité de la rue Saint Léon, en annexe : soixante dix lits de chirurgie
y furent installés.
La reconstruction de l'Hôpital Saint Charles fut à nouveau envisagée mais retardée
du fait de tensions qui surgirent entre la municipalité de Nancy et la Commission
Administrative des Hospices. Toutefois, deux rapports successifs préconisèrent
cette solution : le rapport Leclerc (1873) et le rapport du doyen Tourdes (1877).
Leurs propositions devaient aboutir à la construction d 'un nouvel établissement
où furent transférés en octobre et novembre 1883 tous les malades de l'Hôpital
Saint Charles et de son annexe, l'Hôpital Saint Léon. Quand aux bâtiments de l'ancien
Hôpital Saint Charles, vendus à la municipalité de Nancy, ils furent démolis en
1885 pour laisser place à des immeubles modernes.
Construit aux frais de la ville de Nancy entre 1879 et 1883 sur un terrain du
faubourg Saint Pierre, appartenant aux Hospices Civils de Nancy, le nouvel établissement
qui reçut le nom d'Hôpital Civil, accueillit ses premiers malades le 23 octobre
1883. Avec une capacité de 300 lits, il comprenait deux cliniques médicales et
deux cliniques chirurgicales réparties dans deux grands pavillons d'hospitalisation
: les pavillons Collinet-de-la-Salle et Roger-de Videlange. Très rapidement la
capacité de l'établissement se révéla insuffisante et de nouveaux pavillons durent
être édifiés : le pavillon des contagieux (en 1884, agrandi en 1895), le
pavillon Virginie Mauvais (1894) qui devait recevoir les services d'enfant, le
pavillon Bruillard-Balbâtre (1897) abritant le service d'Ophtalmologie. Un pavillon
fut aménagé en 1904 pour accueillir les malades fortunés, de plus en plus attirés
par la réputation du corps médical (la Pension, puis clinique Bon Secours). Au
cours de cette période, les Hospices Civils de Nancy qui, outre l'Hôpital Civil,
comprenaient l'Hospice Saint Julien (établissement hébergeant des vieillards)
et l'Hospices Saint Stanislas (accueillant des enfants orphelins et abandonnés),
étaient régis par la loi du 7 août 1851 qui avait confié aux Commissions Administratives
chargées de gérer les établissements hospitaliers, de larges compétences.
Sur le plan du fonctionnement financier de ces établissements, outre la très grande
hétérogénéité des ressources, il faut signaler la part importante que représentaient
les revenus de la dotation (constituée de propriétés diverses : immeubles, fermes,
forêts ...). Ces revenus couvraient 38 % des dépenses d'exploitation des trois
établissements. En ce qui concerne les dépenses, si les frais hôteliers occupaient
une part prépondérante (60 %) en revanche les frais de personnel étaient modestes
(12 %) avant 1914. Le personnel était en effet peu nombreux et mal rétribué. Les
religieuses de Saint Charles ne percevaient qu'une indemnité de vestiaire. Le
personnel médical à l'exception des internes, exerçait surtout à titre bénévole.
Entre 1884 et 1914, l'activité hospitalière progressa fortement en raison des
progrès médicaux, de la renommée du corps médical et universitaire nancéien ainsi
que de l'institution en 1893 de l'aide médicale gratuite. Le nombre des entrées
de malades quadrupla et la proportion des malades payants s'accrut proportionnellement
davantage que celle des indigents. La première guerre mondiale vint brutalement
freiner cette évolution et en perturbant gravement les finances hospitalières,
fit ajourner les projets d'extension.
Pendant la guerre, les Hôpitaux de Nancy, jouèrent un rôle important dans l'accueil
des blessés du fait de leur proximité du front (à une vingtaine de kilomètres)
et leur remarquable conduite durant ces années difficiles leur valut le 27 juillet
1930, une citation à l'Ordre de la Nation. En dépit des difficultés financières
provoquées par la guerre, la Commission administrative parvint à rénover et à
agrandir l'Hôpital Civil entre les deux guerres. Cette seconde période fut marquée
par une expansion intra-muros et extra-muros, avec l'édification de nouvelles
constructions dans l'enceinte hospitalière (ex : pavillon Krug, Pharmacie) et
l'ouverture de nouveaux établissements (Hôpitaux Villemin - Maringer - Fournier
- Sanatorium Paul Spillmann à Lay Saint Christophe). Sur le plan financier, on
relève la part croissante des revenus fournis par les prix de journée et l'effondrement
des revenus de la dotation. D'autre part, on observe un accroissement très marqué
des dépenses de personnel et une diminution de la part des frais hôteliers. L'augmentation
des charges salariales s'explique par le triplement des effectifs et l'amélioration
de la situation des diverses catégories de personnel (salaires plus élevés, meilleure
protection sociale, diminution de la durée du travail). L'activité hospitalière
durant l'entre-deux guerres, ne progressa que modérément en raison d'une conjoncture
démographique et économique moins favorable que celle d'avant 1914. De plus la
durée de séjour, qui avait déjà diminué de moitié entre 1884 et 1913, continua
à décroître pour passer de 20 jours en 1921 à 15 jours en 1938. Toutefois des
travaux d'agrandissement furent réalisés au cours de cette période : édification
du dôme et d'un grand bâtiment le long de l'avenue de Strasbourg pour y abriter
les consultations externes et une partie de la pension Bon Secours, construction
du Pavillon Krug et de celui de la Pharmacie Centrale, des blocs opératoires,
travaux divers d'amélioration et d'extension. L'Hôpital Civil restait l'établissement
principal et le siège de la Commission Administrative des Hospices Civils de Nancy
et de l'administration centrale. Pour marquer cette réalité, par une délibération
du 18 novembre 1930, la Commission demanda le changement de dénomination de l'établissement
qui prit le nom d'Hôpital Central en 1931.
La seconde guerre mondiale fut également une période critique pour les Hospices
Civils de Nancy, qui au lendemain de la libération furent transformés en Centre
Hospitalier Régional en vertu d'un arrêté ministériel du 22 mars 1945. L'Hôpital
Central au seuil d'une période de profonds bouleversements allait se révéler inadapté
pour faire face aux nouvelles conditions créées par la réforme hospitalière de
1941 et l'instauration de la Sécurité Sociale, ainsi qu'aux exigences des sciences
médicales, dont les progrès rapides allaient nécessiter des moyens considérables.
Un sévère bilan fut dressé en 1955 par un cabinet d'études, le cabinet Sévellec,
chargé par la Commission Administrative d'étudier la situation et de faire des
propositions. Parmi les solutions proposées, la construction d 'un nouveau bâtiment
fut envisagée pour reloger sinon tous les services d'hospitalisation, du moins
ceux dont la situation était la plus catastrophique. En effet, tout autant que
le renouvellement des installations et des équipements médicaux, la suppression
des salles communes se révélait nécessaire, or les pavillons conçus au XIXème
siècle ne se prêtaient à de telles transformations qu'au prix de gros investissements.
Le manque de ressources financières suffisantes, la complexité des problèmes techniques
à résoudre et la difficulté de parvenir à un projet susceptible de recueillir
l'agrément des diverses parties concernées (administration, corps médical, ministère
de la santé) devaient demander des années de réflexion avant qu'une solution définitive
fut retenue en l'occurrence la construction d'un nouvel hôpital sur le plateau
de Brabois. En attendant l'ouverture de cet établissement, des réalisations de
fortune permirent de répondre aux besoins les plus criants : des services de dégagement
furent créés à l'Hospice Saint Julien, des pavillons préfabriqués furent construits
à l'Hôpital Central.
En 1970, l'ouverture de l'Hôpital Jeanne d'Arc à Dommartin-lès-Toul puis surtout
en 1973 celle de l'Hôpital de Brabois permirent de désencombrer l'Hôpital Central
et d'effectuer les travaux de rénovation et de restructuration indispensables.
Le départ à l'automne 1982 des services d'enfants pour l'Hôpital d'Enfants situé
sur le plateau de Brabois permit la démolition du pavillon Virginie Mauvais (1983)
et l'édification d'un centre d'accueil des Urgences (mis en service en 1984) ainsi
que celle d'un nouveau bâtiment de réanimation médicale et chirurgicale ouvert
en 1990 (Pavillon Chalnot). Début 1999, a été mis en service un bâtiment de 200
lits qui a permis de regrouper les services de neurologie, de neurochirurgie et
de neuroradiologie abrités jusqu'alors à l'Hôpital Saint Julien. Ce bâtiment est
surmonté d'une hélisurface où est stationné un hélicoptère sanitaire assurant
avec une équipe médicale disponible 24 h sur 24 les secours héliportés pour l'ensemble
de la région lorraine. Après plus d'un siècle d'existence, l'Hôpital Central reste
le siège administratif du Centre Hospitalier Universitaire de Nancy.
3. L'Hôpital Marin
Au XIXème siècle, la maison Marin, située avenue du maréchal de Lattre de Tassigny,
en face de l'Hôpital Central, était une dépendance du Grand Séminaire. Au début
du XXème siècle, après la confiscation des biens de l'Eglise, elle devint propriété
du département de Meurthe et Moselle. En 1909, la Commission des Hospices Civils
décida de la louer pour y installer des services de convalescents afin de désencombrer
les grandes cliniques médicales et chirurgicales de l'Hôpital Civil.
En 1913, la maison Marin, désormais appelée Hôpital Marin, était cédée gracieusement
aux Hospices Civils par le Conseil Général de Meurthe et Moselle. Annexe de l'Hôpital
Central, l'Hôpital Marin, après avoir accueilli divers services, n'abrite plus
aucun service médical depuis le départ en 1973 du service de Chirurgie C pour
Brabois, mais uniquement des services administratifs : il s'agit actuellement
du Centre Régional d'Informatique Hospitalière.
4. Le Centre Saint Stanislas
Les bâtiments les plus anciens accueillirent au XVIIème siècle un noviciat de
Jésuites. Après l'expulsion de ces derniers en 1768, ils furent utilisés comme
magasin militaire. En 1805, après des travaux d'aménagement, les bâtiments reçurent
l'asile des enfants de la Patrie, qui prit le nom d'Hospice des orphelins sous
l'invocation de Saint Stanislas en 1820.
Depuis le départ du foyer de l'enfance, l'ensemble Saint Stanislas a une double
vocation :
- de Centre de formation
Des salles d'enseignement ont été aménagées dans les anciens bâtiments pour les
besoins de formation continue des personnels du CHU et l'Ecole de formation des
ambulanciers y a été installée.
- de Centre de soins de long séjour
Pour répondre aux besoins de prise en charge de la population âgée dépendante,
une structure de 84 lits de long séjour a été édifiée à l'extrémité de la propriété
et fonctionne depuis le 4 novembre 1993.
5. Le groupe hospitalier Maringer - Villemin-Fournier
A l'origine, ce fut pour loger des services de tuberculeux que la ville de Nancy
décida d'acquérir, à l'initiative de son maire Hippolyte Maringer, la vaste propriété
des dames du Sacré Coeur, située quai de la Bataille. En 1906, elle la céda gracieusement
aux Hospices Civils, qui quelques années plus tard, furent invités par le Préfet
à reprendre le service de Dermatologie et de Syphiligraphie jusque-là administré
par le département de Meurthe et Moselle. Pour installer ce nouveau service, la
Commission des Hospices décida, en accord avec la municipalité, d'aménager les
vastes bâtiments de l'ancien pensionnat, qui s'étaient finalement révélés inadaptés
à l'accueil d'un service de tuberculeux. Outre le service de Dermatologie et de
Syphiligraphie, on y installa un service de Médecine et un service de Chirurgie
complémentaires ce qui permit de dégager l'Hôpital Civil. Cet établissement reçut
le nom d'Hôpital Hippolyte Maringer.
Pendant la guerre de 1914-1918, un bâtiment annexe fut édifié pour loger l'école
des mutilés de guerre. Après la suppression de celle-ci en 1925, les locaux furent
transformés pour accueillir en décembre 1927, le service des contagieux dont le
pavillon à l'Hôpital Central, devait être démoli pour laisser place au futur pavillon
Alfred Krug. Dès 1912, fut entreprise la construction d 'un important Hôpital
Sanatorium sur les terrains de l'ancienne propriété des dames du Sacré Coeur,
à proximité de l'Hôpital Maringer : ce nouvel établissement qui reçut le nom d'Hôpital
Villemin ne devait être totalement achevé qu'en 1920. Après la guerre de 1914-1918,
le service de Dermatologie et Vénéréologie se trouvant à l'étroit dans ses locaux,
Louis Spillmann demanda qu'un nouveau bâtiment soit construit : inauguré en septembre
1925, il reçut le nom d'Hôpital Fournier. Le groupe hospitalier M.V.F fut complété
au cours de l'entre-deux-guerres par un service de Radiologie et par une Pharmacie.
De nos jours, il abrite un service de Dermatologie, un service de Médecine interne
orientée vers l'Alcoologie et un Centre d'Orthogénie et de Planification Familiale.
Sont également implantés sur ce site, le service Transports des Hôpitaux de Ville
et une crèche pour les enfants du personnel.
6. Le sanatorium de Lay-Saint-Christophe actuel Centre
Médical Paul Spillmann
Edifié au début du siècle, à l'initiative du Pr Paul Spillmann, le sanatorium
de Lay Saint Christophe, fut cédé aux Hospices Civils, par Louis Spillmann, fils
du fondateur, au lendemain de la première guerre mondiale. Après d'importants
travaux, le sanatorium réouvrit ses portes le 15 janvier 1924. Après la seconde
guerre mondiale, le sanatorium sérieusement endommagé, dut à nouveau faire l'objet
d'importants travaux de remise en état et de transformation. A sa réouverture
en 1952, tout en restant propriété du CHU de Nancy, il fut soumis au décret du
24 mai 1948 et eut désormais une gestion autonome assurée par un médecin directeur
et une commission de surveillance.
Reconverti en centre médical, il fut réintégré administrativement au CHU de Nancy
le 1er janvier 1975. Cet établissement est aujourd'hui un centre de moyen séjour
à orientation gériatrique de 69 lits.
7. L'hôpital Jeanne d'Arc à Dommartin-lès-Toul
Situé à une vingtaine de kilomètres de Nancy, l'Hôpital Jeanne d'Arc était à l'origine
un hôpital militaire de campagne construit par les Américains. Sur un terrain
d'une superficie de 50 hectares, il offrait une capacité de 1000 lits répartis
entre une multitude de petits pavillons de deux niveaux, reliés entre eux par
un large couloir, de manière à former une unité dans laquelle on pouvait circuler
comme dans un labyrinthe. A la suite du retrait partiel de la France de l'OTAN,
les forces américaines stationnées sur notre territoire durent évacuer leurs installations
et il fut envisagé de céder l'Hôpital Jeanne d'Arc au CHR de Nancy moyennant un
prix qui restait à déterminer. Après plusieurs mois d'incertitude, le Ministère
des Affaires Sociales se prononçait en faveur de l'affectation de l'établissement
au CHR de Nancy. Le coût de cette acquisition, qui s'élevait à 5 826 000 Frs fut
assuré pour 40 % par l'Etat, pour 30 % par la sécurité sociale et les 30 % restant
par le CHU lui-même.
Le 15 janvier 1969, l'Hôpital Jeanne d'Arc devint officiellement propriété du
CHR de Nancy. Des travaux d'aménagement y furent rapidement entrepris et le 6
avril 1970, l'établissement accueillait ses premiers malades. On y ouvrit un service
de Chirurgie Générale qui devait par la suite se spécialiser dans la chirurgie
de la main, un service de Médecine Générale orienté vers les maladies métaboliques
et de la nutrition et un troisième orienté vers la Cardiologie. Une partie des
lits fut réservée plus spécialement à une activité de moyen séjour. Ces services
furent complétés par l'ouverture le 16 novembre 1973 d'un service de médecine
orientée vers la Psychiatrie.
8. L'Hôpital de Brabois - Hôpital d'adultes
Pour faire face à l'augmentation du nombre de malades et d'étudiants, à l'évolution
de la médecine et à la nécessité de réaliser des équipements modernes et adaptés,
le CHR de Nancy envisagea dès 1961 d'entreprendre, dans le cadre d'un programme
à long terme, l'aménagement d'un nouvel ensemble hospitalo-universitaire. En ce
qui concerne son emplacement, le choix se porta finalement sur le plateau de Brabois
là où se trouvait le terrain de golf (commune de Vandoeuvre). Le Conseil Municipal
de la ville de Nancy décida par une délibération du 4 mai 1962 de mettre à la
disposition du CHRU de Nancy le terrain choisi, et moyennant le prix d'un franc
symbolique, de le céder dès que serait intervenue la décision ministérielle permettant
le démarrage des travaux, et de prendre en charge le coût des travaux nécessaires
pour construire jusqu'à la limite du terrain les divers réseaux destinés à le
desservir. Les terrains ainsi cédés par la ville devaient être complétés par l'achat
de propriétés contiguës, ce qui porta la superficie totale à plus de 40 hectares.
Le Ministère ayant donné son approbation de principe le 24 septembre 1964, à l'avant
projet que lui avait soumis l'Administration hospitalière et son approbation définitive
le 16 juin 1965, l'architecte, dès juillet 1965, entreprenait une première tranche
de travaux préparatoires d'assainissement du terrain. Une seconde tranche de travaux
de voirie, d'alimentation en eau et en gaz et de construction de réservoirs d'eau,
suivait en 1966. La conception du futur établissement fut confiée aux architectes
Le Maresquier et Lebret. La construction proprement dite de l'hôpital débuta en
janvier 1968 et s'effectua non pas en deux tranches comme prévu à l'origine mais
de façon continue, le Ministère ayant donné l'assurance du financement total et
immédiat de l'opération. En 1971-1972 avait lieu la réception provisoire des travaux
et après avoir été doté d'un équipement médical et mobilier ultramoderne, le nouvel
établissement était ouvert.
Le 15 septembre 1973, il était officiellement inauguré par M. Messmer, Premier
Ministre et M. Poniatowski, Ministre de la Santé Publique en présence de nombreuses
personnalités. Le nouvel hôpital que l'on qualifiait alors de "plus moderne hôpital
d'Europe", offrait une capacité de 1292 lits répartis entre deux blocs : un bloc
principal d'une capacité de plus d'un millier de lits et disposant de 16 niveaux
et un second bloc de 226 lits et de 10 niveaux. Ce second bâtiment, d'abord désigné
sous le nom de Pavillon des Contagieux, reçut le nom de Tour Paul-Louis Drouet
par délibération du 5 novembre 1970, conformément au voeu exprimé par le corps
médical qui souhaitait ainsi rendre hommage à un éminent professeur de médecine
nancéien. Il devait accueillir les services de Maladies Infectieuses et d'Insuffisants
Respiratoires, jusqu'alors installés à l'Hôpital Maringer, ainsi qu'un service
de Médecine Interne. Outre des services administratifs et généraux, le bloc principal
abrite de nombreux services médico-techniques (imagerie médicale, laboratoires,
services d'explorations fonctionnelles, etc ...) et des services d'hospitalisation
dont la création de certains date de l'ouverture de l'établissement.
9. L'Hôpital d'Enfants
Devant l'impossibilité d'aménager de façon satisfaisante les services pédiatriques
existant à l'Hôpital Central, dès février 1964 la construction d'un Hôpital d'Enfants
fut réclamée par les Professeurs Neimann et Beau, Chefs de Service de Pédiatrie
et de Chirurgie Infantile. Cependant, ce n'est qu'en septembre 1977 que le programme
définitif fut arrêté, après avoir connu bien des vicissitudes (problèmes du financement).
Les travaux entrepris dès le mois d'octobre 1978 furent achevés en janvier 1982.
Entre février et août 1982 se déroulèrent la phase de réception des travaux ainsi
que la mise en place des équipements médico-techniques et hôteliers.
Le 12 octobre 1982, l'Hôpital d'Enfants ouvrait ses portes. Ce nouvel établissement
devait répondre à un double objectif : d'une part, celui de regrouper et de rénover
les services médicaux et médico-techniques destinés au traitement des enfants
malades et d'autre part celui d'améliorer les conditions d'hébergement de ces
enfants. D'une capacité de plus de 300 lits, a une superficie de 33 000 m2, qui
se répartissent sur 8 niveaux. Il comporte des services administratifs (bureau
des admissions) et généraux, des consultations, des services médico-techniques
et d'hospitalisation variés.
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