CHU de Nancy


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La Commission Médicale d'Établissement


Dr Christine Jacob, Vice présidente
de la Commission Médicale d'Etablissement du CHU de Nancy

La Commission Médicale d'Etablissement est le parlement médical de l'hôpital qui se réunit une fois par mois. Le décret du 7 juillet 2005 a organisé la composition de la CME et ses membres sont élus pour quatre ans par leurs pairs. Ils représentent toutes les catégories professionnelles, toutes les disciplines jusqu'aux internes, un pour les médecins et un pour les pharmaciens. Les dernières élections de celle du CHU de Nancy ont eu lieu en mars 07.

La première mission de l'assemblée est d'élire un président et un vice-président. Ils sont assistés d'un bureau d'une quinzaine de personnes qui se réunit toutes les semaines et discute des questions à l'ordre du jour de la CME. Dans le fonctionnement de la CME, il y a le travail des sous-commissions constituées des membres élus et d'autres professionnels impliqués dans les différentes activités du CHU. Elles travaillent parallèlement à la CME et font un rapport annuel de leurs activités. Leurs propositions sont soumises à l'avis de la CME et une fois adoptées elles s'imposeront à tout l'établissement. Voici les commissions les plus importantes :

•  le Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales

•  le Comité de Sécurité Transfusionnelle et d'Hémo-vigilance qui suit la traçabilité de tous les produits transfusés. Il recense aussi tous les évènements indésirables.

•  le Comité du Médicament et des dispositifs médico-stériles : elle étudie la bonne utilisation des médicaments, en particulier les antibiotiques.

•  le Comité de la lutte contre la douleur et les soins palliatifs.

•  le Comité de liaison en alimentation et nutrition, important pour l'éducation des patients

•  la COPS qui organise toutes les listes de garde, les astreintes dans tous les services et dans tous les domaines d'activité de l'hôpital.

Autre activité très importante pour la CME : la formation continue des praticiens et de l'évaluation de leur pratique professionnelle. Là aussi des commissions veillent et attribuent des moyens pour que les praticiens puissent se former et délivrer les meilleurs soins aux patients. Le U de CHU signifiant universitaire, nous avons une charge importante au niveau de la recherche et l'innovation.

La CME prépare le projet médical qui fait partie du projet d'établissement. Il a été élaboré en 2007 et approuvé par l'Agence Régionale d'Hospitalisation pour cinq ans. Les principes qui ont présidé au projet médical sont bien sûr la qualité du service au patient. Nouvelle donne également pour les médecins à travers le projet médical : leur association à la gestion de l'établissement par l'organisation en pôles. C'est une nouvelle forme de travail pour nous, cette implication dans la gestion et l'efficience, toujours en ayant la qualité au cœur de nos activités.

Le projet médical a deux parties : une partie par pôle avec pour chacun, ses missions, son organisation, ses points forts, ses points à développer, et surtout, ses réseaux et donc les associations. La deuxième partie : les projets transversaux qui impliquent plusieurs pôles et surtout des acteurs extérieurs au CHU. Trois projets à noter :

•  la prévention des conduites addictives, les conduites à risque. Vous êtes impliqués dans la prévention et l'éducation à la santé puisque le développement et le suivi des maladies chroniques impliquent l'éducation des patients pour éviter des complications ou leur gestion quand le handicap s'installe

•  les greffes d'organes, les transplantations, où l'on a essayé de stimuler le don d'organes et pour lequel les campagnes que vous menez sont très intéressantes

•  les réseaux.

Outre l'élaboration du projet médical, la CME organise la formation médicale continue et l'évaluation des pratiques professionnelles. La CME est garante de la formation de tous ses praticiens et donne un avis sur la nomination des responsables de pôles et sur le recrutement et la carrière des praticiens.

Le patient est devenu un acteur de sa propre santé et on parle d'usagers voire de consommateurs de soins ! Je ne sais pas si c'est un clin d'œil de l'Histoire, mais 40 ans nous séparent de mai 68 puisque nous sommes en mai 08. A l'époque c'était la contestation du pouvoir médical et depuis on a constaté une modification des relations soignant - soigné. Le patient ne veut plus seulement une obligation de moyens, mais des résultats. Il demande des comptes à son médecin, et, les associations, dans ce colloque singulier, ont réussi à s'impliquer. Les associations ont toute leur place pour aider les patients. Les médecins n'ont pas attendu la loi du 4 mars pour dialoguer avec leurs patients, leur expliquer leur traitement, essayer de leur faire comprendre ce qui va se passer, mais la loi a formalisé les choses. Elle a élaboré un dispositif de collaboration entre les établissements hospitaliers et les associations, et surtout, elle s'est attachée à ce que les médecins respectent l'obligation d'information des patients, sur la discussion bénéfice-risque. La CME doit s'attacher à ce qu'il y ait une traçabilité de cette discussion, et surtout, de l'assentiment du patient pour le traitement qu'il va avoir. Cette notion de bénéfice-risque doit figurer dans le dossier médical et la CME a mis en place au CHU de Nancy un dossier harmonisé qui va être évalué : encore un outil au service de la qualité.