CHU de Nancy


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Interview

La santé est un thème d’actualité récurrent ces dernières semaines et plus précisément le fonctionnement des hôpitaux publics en attendant l’annonce par la Ministre de la Santé de la loi HPST : Hôpital, Patients, Santé, Territoires. A l’heure où le CHU de Nancy est, comme beaucoup d’autres, confronté à des choix de réorganisation, le directeur général, Philippe Vigouroux, qui a pris ses fonctions en juin 2008, répond à nos questions.

L’actualité récente sur les hôpitaux publics n’est pas rassurante : accidents, déficit financier, etc. Le système hospitalier français est-il menacé dans son fonctionnement et comprenez-vous que la confiance que lui porte les patients puisse être mise à mal ?

Un sondage paru le 9 janvier 2009 dans le quotidien « Le Parisien » confirme la confiance de la très grande majorité des Français dans l’hôpital public. Ils ont raison d’avoir confiance dans les hôpitaux, ils ont raison d’avoir confiance dans le CHU de Nancy en particulier. Je ne crois pas que l’on puisse dire que le système hospitalier soit menacé. Les accidents récents médiatisés peuvent inquiéter mais chaque citoyen comprend bien que la médecine est une activité humaine et que nul ne peut affirmer qu’il n’y aura jamais d’erreur. Ceci étant, tout accident est un drame et notre devoir absolu est de tout faire pour réduire au maximum les risques. C’est ce que nous faisons. Nos médecins, nos infirmières, nos personnels sont d’une compétence et d’un dévouement extraordinaires et j’ai la conviction sincère que l’hôpital n’a jamais été aussi sûr.

Peu après votre arrivée à la direction du CHU de Nancy vous annoncez la suppression de postes, y compris de postes de médecins : ceci ne va-t-il pas à l’encontre de l’amélioration des services rendus aux patients ?

Un directeur ne se réveille pas un matin en disant « tiens, je vais supprimer des postes ». C’est une décision que seule une situation financière très grave peut justifier. Le déficit élevé, la capacité d’investissement négative et la nécessité d’emprunter toujours plus ont un effet boule de neige : si nous continuons comme cela sans rien faire, nous donnerons de plus en plus aux banques et de moins en moins au médical !
Les suppressions de postes prévues ne constituent qu’une des solutions. Elles ne sont légitimes que si elles sont expliquées clairement, si elles sont faites avec discernement, si elles sont limitées (un départ à la retraite sur deux non remplacé durant 4 ans mais le nombre d’infirmières sera maintenu) et, surtout, si nous travaillons en même temps à améliorer notre organisation. On ne peut plus accepter des doublons qui nous amènent à dépenser trop ni le fait que des services logistiques soient, sans explication particulière, beaucoup plus chers qu’ailleurs. A ces conditions de réorganisation, la qualité du service ne sera pas abîmée. D’ailleurs, il y a d’autres grands CHU reconnus comme très performants et qui, lorsqu’ils reçoivent 100 euros en dépensent 100 et pas un de plus.

Pour vous, il s’agit aussi d’améliorer l’attractivité de l’établissement. Comment ? Quand on sait que la mission première de l’hôpital public est déjà de répondre aux besoins du plus grand nombre…

Vous avez raison, il faut améliorer l’attractivité de l’établissement. Autant le dire, je préfère que les gens qui ont besoin de soins viennent au CHU de Nancy plutôt « qu’en face ». Avant même de venir ici je connaissais la réputation exceptionnelle des équipes de l’établissement. Mais je crois que ce que les citoyens attendent, c’est non seulement des soins sûrs et irréprochables, mais aussi un accueil sans faille, une hôtellerie de bon niveau et un suivi rigoureux. Il nous reste des progrès à faire. De même les médecins traitants, qui jouent un rôle essentiel auprès de leurs patients pour le choix de l’établissement, attendent de nos médecins qu’ils soient facilement accessibles pour un conseil téléphonique, qu’ils les tiennent vite au courant lorsqu’ils ont traité un de leurs patients, et là encore nous devons poursuivre nos efforts.
Nous sommes un hôpital et nous ne pouvons pas avoir d’autre objectif que de bien soigner, de bien accueillir les patients et d’assurer l’avenir de l’hôpital, y compris dans sa dimension universitaire et de recherche, par un bon niveau d’investissement.
Les efforts à faire sont importants mais l’avenir du CHU de Nancy en dépend.


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