Epidémiologie descriptive

La coopération entre registres pédiatriques, nationaux et régionaux, et avec les registres généraux du cancer permet de vérifier l'exhaustivité par le croisement des bases de données, de mettre en place des études sur la survie, le suivi à long terme, les filières de soin, les cancers de l'adolescent… Ces travaux, auxquels participe le Registre National des Hémopathies malignes de l'Enfant, sont principalement coordonnés par le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant qui dispose des compétences spécifiques.

Les cancers de l'enfant en France (Hémopathies et tumeurs solides)

Pour la période 2000 à 2004, le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant et le Registre National des Hémopathies malignes de l'Enfant ont réalisé une analyse commune de leurs données. Nous présentons ici les principaux résultats de ces deux registres  :

- le nombre de cas, le sex ratio et l'incidence brute, standardisée et cumulée par types de cancer,
- l'incidence selon l'âge,
- l'âge médian d'apparition des différents types de cancers de l'enfant,
- le nombre de cas et l'incidence par types de cancers et par tranches d'âge.

Les tumeurs solides de l'enfant en France

Nous présentons ici les résultats du Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant portant sur les 7 premières années validées (2000 à 2006)  :

- le nombre cas de tumeurs solides et les sources d'information par année,
- la répartition par types de tumeurs et par tranches d'âge.

Les tumeurs solides développées chez les enfants peuvent être classées en 3 grandes catégories pour lesquelles nous décrivons quelques caractéristiques :

- les tumeurs du système nerveux central,
- les tumeurs embryonnaires,
- les autres tumeurs solides.

Les cancers de l'adolescent en France

Les modalités de prise en charge des cancers de l'adolescent sont mal connues puisque, survenant à une période frontière, ils sont traités soit dans des unités de cancérologie pédiatrique, soit dans des services d'adultes.
Il en résulte certainement une grande hétérogénéité de leur prise en charge médicale et psychologique. Une étude rétrospective française a été réalisée par le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant à partir des données des Registres généraux du cancer (couvrant 10% du territoire) sur la période 1988-1997.Elle a montré que, comme dans d'autres pays industrialisés, les cancers de l'adolescent sont rares et ont une distribution histologique particulière, caractérisée par la persistance de tumeurs plus spécifiquement pédiatriques et l'apparition de tumeurs observées habituellement chez l'adulte.
Les taux de survie observés dans certains types de cancer sont inférieurs à ceux obtenus dans les séries pédiatriques. Devant cette spécificité des cancers de l'adolescent, il est primordial de disposer d'informations précises et représentatives de la situation française.

C'est pourquoi une étude de faisabilité d'un enregistrement national des cancers de l'adolescent ( EXECADO ) a été mise en place par le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant, afin de tester l'extension de l'inclusion des registres pédiatriques  (0-14 ans) aux adolescents (15 à 19 ans).

Les cancers de la thyroïde de l'enfant et l'adolescent en France

Le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant participe au Programme de recherche sur les disparités spatio-temporelles d'incidence du cancer de la thyroïde (tout âge) en France, coordonné par le réseau FRANCIM. Ce projet comporte deux volets :

- une étude longitudinale , dont l'objectif est d'analyser l'évolution de l'incidence des cancers de la thyroïde en fonction du stade de la maladie au moment du diagnostic. Concernant l'enfant, seuls les registres régionaux participent à cette étude.

- une étude transversale , dont l'objectif est d'analyser les différences de prise en charge diagnostiques et thérapeutiques des cancers de la thyroïde. Tous les cas de cancers thyroïdiens de l'enfant et de l'adolescent sont inclus. L'analyse des cas pédiatriques sera réalisée par le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant.

La survie des cancers de l'enfant en France

Les données de survie actuellement disponibles proviennent des registres de cancers pédiatriques de Lorraine, Auvergne-Limousin, Rhône-Alpes, Bretagne et Val-de-Marne, sur une période allant de 1990 à 1999.

Un résumé en est présenté ici, avec notamment la survie globale à 5 et 10 ans par types de cancers et la survie globale à 5 ans selon l'âge.

Afin de disposer d'un recul suffisant, l'analyse des taux de survie des cas enregistrés depuis 2000 par le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant et le Registre National des Hémopathies malignes de l'Enfant se fera en 2010.

 

Les filières de soins

Le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant coordonne une étude des filières de soins suivies par les enfants atteints de cancer, depuis le diagnostic jusqu'au traitement, afin de préciser quelles structures assurent la prise en charge principale et selon quelles modalités.
L'étude porte sur tous les cas d'hémopathies et tumeurs solides malignes diagnostiquées chez des enfants de 2001 à 2004. Elle est la première de ce type réalisée en France sur une base populationnelle.

 

Les agrégats de cancers

Le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant contribue à l'investigation d'agrégats de cancers qui représentent un problème de santé publique majeur, en France comme à l'étranger. L'apparition d'un agrégat de cas de cancers de l'enfant est souvent très anxiogène et la mise en œuvre d'une investigation scientifique doit tenter d'apporter rapidement, aux autorités et à la population locale, des réponses crédibles concernant la réalité ou non de l'excès de cas observés et ses possibles déterminants.

La plupart des investigations de clusters signalés s'arrêtent à des étapes précoces, aucune exposition particulière de la population locale n'étant mise en évidence. L'explication la plus plausible de l'apparition de l'agrégat observé est alors un effet du hasard. En l'absence d'hétérogénéité spatiale de l'incidence des cancers de l'enfant, la probabilité d'observer plusieurs cas dans de très petites communes est en effet très faible.

Citons par exemple deux investigations dans lesquelles le RNTSE a apporté son expertise : l'analyse d'un agrégat de cas de cancers dans l'école Franklin Roosevelt de Vincennes et l'nvestigation du signalement d'un agrégat de pathologies diverses à Saint-Cyr-l'Ecole . Dans ces deux cas, aucun lien n'a été retrouvé avec une éventuelle cause environnementale.

 

La surveilance de populations exposées

Le Registre National des Tumeurs Solides de l'Enfant est impliqué dans la surveillance de cohortes d'enfants afin d'étudier le rôle, dans la survenue des cancers, d'expositions environnementales ( champs magnétiques, benzène, hydrocarbures, déchets radio-actifs…) ou de traitements particuliers (hormones de croissance, radiothérapie, traitement maternel pendant la grossesse…).

Citons par exemple l'étude GEOCAP , coordonnée par l'UMRS 1018 Equipe 6 de l'Inserm, sur le rôle d'expositions environnementales estimées par géocodage, ou encore la surveillance des enfants exposés in utero à un traitement aux antirétroviraux , gérée par l'Inserm U658 et l'Hôpital Necker.