Etude de la survie à partir de 5 registres régionaux de cancers pédiatriques


Investigateur principal  : E. Désandes
Autres investigateurs : C. Berger, J. Clavel, F. Deméocq, B. Lacour, I. Tron


Les données présentées ici proviennent de 5 registres de cancers pédiatriques. La période couverte est légèrement variable selon les zones de couverture : 1990-1999 pour Lorraine, Rhône-Alpes, Auvergne et Val-de-Marne, 1991-1999 pour la Bretagne, 1994-1999 pour le Limousin. Au total, 3 566 enfants de 0 à 14 ans atteints de cancer ont été inclus sur la période 1990-1999.

Pour l’ensemble des cancers, la survie globale est de 75,2 % à 5 ans et 72,2 % à 10 ans. Elle varie toutefois selon le type de cancer, comme le montre le tableau ci-dessous.

Le pronostic est très bon pour les rétinoblastomes, la maladie de Hodgkin, les tumeurs rénales, les tumeurs germinales gonadiques et les carcinomes, avec une survie de plus de 80 %.

Si globalement la survie à 5 ans des leucémies est de 75 %, elle varie nettement selon le type de leucémie : 80 % pour les leucémies aiguës lymphoblastiques (forme la plus fréquente chez l’enfant), mais seulement 51 % pour les leucémies aiguës myéloblatiques.

Le groupe des tumeurs du système nerveux central est également très hétérogène ; le pronostic dépend de la localisation de la tumeur, qui conditionne les possibilités chirurgicales, ainsi que de son agressivité (grade).

Enfin, pour les tumeurs du système nerveux sympathique, les tumeurs du foie, les tumeurs osseuses et les sarcomes des tissus mous, la survie à 5 ans se situe autour de 70 %.

Survie globale à 5 et 10 ans par groupes et sous-groupes diagnostiques des cancers de l'enfant enregistrés de 1990 à 1999 Tab. des résultats

La survie varie également en fonction de l’âge au diagnostic (tableau ci-dessous), avec un pronostic plus péjoratif chez les enfants de moins d’un an atteints de leucémies ou de tumeurs cérébrales. A l'inverse, la survie des cas de neuroblastomes est bien meilleure lorsque le diagnostic a été porté avant l'âge d’un an.
Par ailleurs, il n’existe aucune différence significative de survie entre les garçons et les filles.


Survie globale à 5 ans par groupes et sous-groupes diagnostiques et selon l'âge au diagnostic des cancers de l'entant enregistrés de 1990 à 1999 Tab. des résultats

Pour l’ensemble des enfants atteints de cancer, la survie à 5 ans est passée de 72,4 % durant la période 1990-94 à 77,7 % durant la période 1995-99 (p=0,01). Cette amélioration touche principalement les leucémies aiguës lymphoblastiques (76,7 % versus 84,1 %), les leucémies aiguës myéloblastiques (42,1 % versus 57,8 %) et les sarcomes d’Ewing osseux (62,9 % versus 82,4 %).

Le graphique ci-dessous montre le pourcentage d’augmentation annuelle de la survie pour les différents types de cancer. Pour l’ensemble des enfants, la survie à 5 ans s’est globalement améliorée de 1,2 % par an. Cette amélioration est statistiquement significative pour les leucémies, les tumeurs osseuses, et les enfants âgés de 10 à 14 ans au moment du diagnostic.

Pourcentage d’évolution annuelle de la survie à 5 ans (1990-1999)

Financements

Institut de Veille Sanitaire (2006).

Mise en valeur de l'étude

Désandes E, Berger C, Tron I, Deméocq F, Bellec S, Blouin P, Casagranda L, de Lumley L, Freycon F, Goubin A, Le Gall E, Sommelet D, Lacour B, Clavel J. Childhood cancer survival in France, 1990-1999 . Eur J Cancer, 2008, 44 (2 : 205-15.

Le rapport complet de l'étude est disponible sur le site de l'Institut de Veille Sanitaire.